Crash en Ethiopie: Les Boeing 737 MAX souffrent-ils d'un défaut de conception ?

Généralement, les accidents d'avion touchent de vieux coucous. Là, à quelques semaines d'intervalle, ce sont deux Boeing 737 MAX tout neuf, le fleuron de la flotte de Boeing, qui se sont écrasés. 

Crash en Ethiopie: Les Boeing 737 MAX souffrent-ils d'un défaut de conception ?

Généralement, les accidents d'avion touchent de vieux coucous. Là, à quelques semaines d'intervalle, ce sont deux Boeing 737 MAX tout neuf, le fleuron de la flotte de Boeing, qui se sont écrasés.  

Ce matin, c'est un 737 MAX 8 d'Ethiopian Airlines qui assurait la liaison entre Addis Abeba et Nairobi qui s'est écrasé quelques minutes après le décollage avec 149 passagers à bord et huit membres d'équipage. Les 157 passagers, dont 7 Français, sont décédés. 

L'avion était neuf et avait été livré le 15 novembre dernier à Ethiopian Airlines. 

Précision non négligeable : les conditions météo étaient parfaites ! 

A noter que c'est cet avion, immatriculé ET-AVJ, qui assurait également les liaisons entre Addis Abeba et Antananarivo ainsi que Nosy Be à Madagascar. 

Le PDG d'Ethiopian Airlines, M. GebreMariam, a donné plus de précisions quant aux circonstances du crash au cours d'une conférence de presse. "Le pilote a mentionné qu’il avait des difficultés et qu’il voulait rentrer" et "il a eu l’autorisation" de faire demi-tour et de repartir vers Addis-Abeba, a-t-il expliqué. Il n'a malheureusement pas réussi à atteindre l'aéroport. 

Egalement un 737 MAX 8 tout neuf en Indonésie en octobre dernier 

Le 29 octobre dernier, c'est un autre Boeing 737 MAX 8 de la compagnie à bas coût indonésienne Lion Air qui s'était abîmé en mer, faisant 189 morts. 

Là aussi, l'avion était tout neuf. Il avait été livré en août. 

L'avion avait plongé à grande vitesse dans la mer de Java treize minutes après avoir décollé de Djakarta. 

Les enquêteurs indonésiens avaient indiqué que l’appareil avait enregistré des problèmes techniques au cours de ses quatre derniers vols, notamment des défaillances des capteurs d’incidence et de l’anémomètre, qui mesure la vitesse. 

Au cours d’un vol entre Bali et Djakarta, le dernier avant le crash, les deux capteurs d’incidence de l’appareil avaient montré une différence de 20 degrés, alors qu’ils auraient dû être alignés. Mais le pilote avait réussi malgré ce problème à faire atterrir l’appareil à Jakarta. L’avion avait fait l’objet de réparations avant d’être remis en service, ce qui avait amené le rapport d'enquête préliminaire, publié un mois après le crash, à estimer que les responsables techniques de Lion Air avaient fait une erreur en laissant l'avion redécoller. 

Au cours du dernier vol, les pilotes ont demandé aux contrôleurs aériens quelles étaient leur vitesse et leur altitude, en expliquant avoir des "problèmes de commandes de vol", selon le rapport. 

A la suite de la lecture des données de la boite noire, Boeing avait implicitement reconnu, le 7 novembre, qu’un capteur avait pu être la cause de l’accident et a annoncé avoir mis à jour ses instructions pour les compagnies aériennes qui seraient confrontées au même problème. Le constructeur aéronautique américain a expliqué, dans un communiqué, que les pilotes du vol qui s’est abîmé en mer de Java ont pu recevoir de fausses indications du système d’information de l’appareil avant l’accident. "Le comité de sécurité des transports indonésien a indiqué que le vol 610 de Lion Air a reçu des informations erronées d’un des capteurs d’incidence (“AOA, Angle of Attack Sensor”)", a indiqué le constructeur aéronautique. Les capteurs en question, aussi appelés sondes d’angle d’attaque, donnent l’angle de vol de l’appareil et sont potentiellement des avertisseurs de décrochage. 

Boeing avait décidé d'installer ces nouveaux capteurs sans en avertir les différents pilotes lors de la formation délivrée par la compagnie, et surtout sans les informer de la procédure à suivre en cas de panne, car l'avionneur a jugé que ce serait inutile et trop coûteux. 

Ce défaut de certification a provoqué une enquête aux États-Unis, qui montre, selon le New York Times, que "Boeing a minimisé ou négligé, principalement pour des raisons de coût et de compétitivité, les dangers potentiels en gardant les pilotes mal informés des modifications apportées à un élément essentiel du logiciel de l'avion". 

On sait que Boeing et Airbus se livrent une farouche bataille sur ce segment des mono-couloirs, les plus vendus dans le monde. 

L'Agence européenne de la sécurité aérienne souhaitait qu'une formation complémentaire soit introduite, mais s'est finalement rangée aux arguments américains, nous apprend Le Point. 

Le 737 MAX est l'avion le plus vendu de l'histoire de Boeing 

Le 737 MAX est la dernière version remotorisée du mono-couloir 737 de Boeing. Selon le constructeur, il consommerait 20% de kérosène de moins que la génération précédente. 

219 exemplaires ont été livrés à ce jour. 

C'est l'avion le plus vendu de l'histoire de Boeing avec plus de 4.700 commandes de la part de 104 clients dans le monde. 

A noter que les Boeing 737 exploités par Air Austral sont de l'ancienne génération et ne sont donc pas concernés par ces éventuels défauts de conception des 737 MAX. Mais nul doute que les dirigeants de la compagnie régionale doivent suivre ces accidents avec la plus grande attention, au moment où ils s'apprêtent à renouveler intégralement la flotte des appareils d'Air Austral et d'Air Madagascar. 

Des accidents qui, dans l'attente des conclusions de l'enquête sur le crash d'Addis Abbeba, risquent de refroidir les potentiels acheteurs.


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