Mansour Kamardine s'exprime sur le Confinement général et la crise sanitaire à Mayotte.

Mansour Kamardine s'exprime sur le Confinement général et la crise sanitaire à Mayotte.
Face à l’alarmante situation sanitaire que traverse Mayotte actuellement qui se caractérise par un taux d’incidence départemental supérieur à 400 (record national) avec des communes avec des taux supérieurs à 800 (record national), la multiplication par 9 du taux d’incidence (record national) en 1 mois, la multiplication par 15 du nombre de personnes en réanimation (record national) en 1 mois, la saturation des capacités de réanimation ordinaires (record national) en 1 mois, la multiplication par 12 du nombre des personnes hospitalisées (record national) en 1 mois, le gouvernement vient de décider d’un confinement général de Mayotte. C’est, à mon sens, prendre le risque de déclencher une grave crise sociale en plus de l’actuelle crise économique et crise sécuritaire que vit douloureusement Mayotte. C’est pourquoi, pour la 3ème fois depuis le début 2020, j’ai écrit au gouvernement pour lui demander de prendre des mesures efficaces afin de maîtriser l’épidémie et préserver la paix social à Mayotte.
En effet, le Député Mansour Kamardine adresse un courrier à Monsieur Olivier VERAN Ministre de la santé et des affaires sociales, Monsieur Gérald DARMANIN Ministre de l’Intérieur, Monsieur Sébastian LECORNU Ministre des Outre-mer Madame Florence PARLY Ministre des Armées, Monsieur Jean-Yves Le DRIAN Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères.
Objet : Demande d’accélération urgente et de vaccination générale des habitants de Mayotte qui le souhaitent, de renforcement immédiat des capacités du système de soin et de blocus des arrivées de kwassa plutôt qu’un confinement général inapplicable.
« Madame la Ministre, Messieurs les Ministres,
Mes courriers des 10 et du 19 janvier sollicitant une mobilisation générale à Mayotte pour maîtriser la situation sanitaire sont, à mon regret, restés sans réponse.
La vaccination à Mayotte a débuté tardivement, avec un vaccin fourni en faible nombre, diffusé uniquement à partir de la zone urbaine, avec une efficacité inférieure de 40% sur le variant sud-africain selon le président du conseil scientifique lui-même. Le variant qui entraine l’explosion de l’épidémie dans le 101ème département semble, en outre, présenter une dangerosité plus importante pour des catégories de personnes jusqu’à présent épargnées par les formes graves de la maladie (décès d’une personne de 22 ans et d’une personne de 32 ans). Les kwassas continuent d’alimenter quotidiennement la dynamique épidémique avec des clandestins porteurs du variant 501.V2 dont le pourcentage de positivité ramené à un taux d’incidence est 10 fois celui du taux actuel d’incidence à Mayotte (5% de porteurs du virus équivaut à un taux d’incidence de 5000).
L’absence de prise de mesures pour tenir compte de la réalité des risques sanitaires à Mayotte a conduit, en 1 mois à :
• Un taux d’incidence départemental supérieur à 400 (record national) avec des communes avec des taux supérieurs à 800 (record national) ;
• La multiplication par 9 du taux d’incidence (record national) ;
• La multiplication par 15 du nombre de personnes en réanimation (record national) ;
• La saturation des capacités de réanimation ordinaires (record national) ;
• La multiplication par 12 du nombre des personnes hospitalisées (record national).
Aujourd’hui, pour faire face à la très forte dégradation de la situation sanitaire, le gouvernement instaure un confinement général de la population sur l’ensemble du département.
Cette décision n’est pas la solution la plus appropriée pour les raisons suivantes :
• Les conditions de vie et d’accès aux services de base (eau…) de la moitié de la population le rend impossible à respecter ;
• L’arrivée quotidienne de personnes touchées par le coronavirus en provenance de l’Union des Comores demeure un facteur important de l’alimentation de l’épidémie ;
• Le confinement risque d’entraîner une grave explosion sociale alimentée par les actuelles crises sécuritaire et économique.
C’est pourquoi, en espérant cette fois être entendu, je vous demande sous le sceau de l’urgence absolue de :
• Elaborer et mettre en œuvre immédiatement un plan de vaccination générale de la population qui le souhaite ;
• Décentraliser la vaccination dans les communes ;
• Utiliser le vaccin le plus efficace face au variant 501V2 (Moderna ou autre) ;
• Renforcer sensiblement les capacités hospitalières de réanimation (doubler les capacités permanentes en plus de l’augmentation des capacités temporaires) ;
• Renforcer des équipes soignantes en mobilisant la réserve sanitaire à un niveau adéquat ;
• Renforcer nos capacités d’interception en mer par l’envoi de bâtiments de la Marine ;
• Fournir massivement des moyens de protection individuelle (masques, gel…) ;
• Ouvrir avec les autorités comoriennes un dialogue franc sur la maîtrise des départs de kwassas de leurs côtes et sur les moyens de déclencher un appui sanitaire matériel conséquent (groupe électrogène, oxygène, etc.).
Dans l’espoir, à l’occasion de ce 3ème courrier depuis le début de l’année, d’être entendu et dans l’attente, cette fois, de votre retour, Madame la Ministre, Messieurs les Ministres, l’expression de ma considération distinguée. »

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