Pénurie d'eau potable à Mayotte, le Député Mansour Kamardine demande une action de l'Etat

Pénurie d'eau potable à Mayotte, le Député Mansour Kamardine demande une action de l'Etat

L’Etat a failli et doit demander à l’entreprise qu’il a payé rubis sur l’ongle en 2017 de fournir les 5300 mètres cubes jour prévus par le contrat imposé aux responsables locaux

Il y a 4 ans Mayotte a vécu une éprouvante crise de l’eau lors de laquelle toute une partie des habitants ont eu un accès restreint, pendant plusieurs mois, à cette ressource vitale et universelle qu’est l’eau potable.
Le « plan eau » du gouvernement adopté début 2017 devait mettre un terme aux risques de nouvelle pénurie d’eau à Mayotte. Il était construit autour de 3 axes : de nouveaux forages dans les nappes phréatiques dont la construction relève du syndicat des eaux et nécessitait au minimum 2 ans (risque à terme sur les nappes), la construction d’une 3ème retenue collinaire dont la réalisation nécessite plusieurs années et enfin une augmentation des capacités de production d’eau dessalinisée qui devait être portées à 5300 mètres cubes jour et effective en 12 mois, c’est-à-dire dès 2018.
4 ans après la crise de 2016, 3 ans et demi après le lancement du « plan eau », 2 ans après la date à laquelle le problème aurait dû être traité, une nouvelle pénurie d’eau potable à Mayotte conduit, ce mois d’août, avant même la rentrée, à des restrictions d’eau potable dans un département français, comme si la France était un pays en voie de développement du Sahel.
Cette nouvelle pénurie d’eau potable est directement liée au non-respect de l’augmentation de la production de l’usine de désalinisation de Petite-Terre (moins de 1000 mètres cubes produits sur les 5300 mètres cubes prévus alors que le déficit quotidien actuel en début de pénurie est déjà de 1000 mètres cubes). Pourtant, depuis un an, je n'ai eu de cesse d'alerter le gouvernement, en commission, en séance publique à l’Assemblée Nationale et par voie épistolaire, sur les risques d’une nouvelle crise de l’eau que faisait peser le retard de plus de 2 ans pris sur une période de 3 ans de mise en service de l’usine augmentée.
Ce projet d'augmentation de la production d'eau de l'usine de dessalement a été piloté de bout en bout par l'État avec la décision prise, sous le sceau de l'urgence, de réaliser le projet dans le cadre d'une délégation de maîtrise d'ouvrage dont le titulaire est également l'entreprise attributaire des travaux ! Le versement des fonds pour un montant de 8 millions d’euros a été effectué rubis sur l’ongle, sans passer par le budget du syndicat des eaux.
L'attributaire du marché alloué par l'Etat s'était engagé, après le constat public de sa déficience en 2019, à résoudre le problème pour juin 2020. En aout 2020, alors que le déficit de production d'eau potable entraîne une forte angoisse dans l'opinion publique, les premières restrictions d’accès à l’eau potable entraînent de nouvelles tensions communautaires dans un contexte déjà très dégradé à Mayotte en matière de sécurité et de violence.
C’est pourquoi je demande que l’Etat, qui a failli dans ses choix, obtienne de l’entreprise qu’il a payé à travers des modalités d’attribution étonnantes, de fournir les mètres cubes prévus par le contrat de fourniture d’eau, y compris si nécessaire et comme envisagé par le gouvernement en 2016 par l’affrètement de tankers. /

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