Salon du Livre 2019 : Vincent Placoly, un écrivain combattant

A l’approche du Salon du Livre qui se tiendra du 15 au 18 mars 2019 à Paris, Chiconi FM, en partenariat avec le Ministère des Outre-mer, vous propose de découvrir chaque week-end un auteur et un éditeur ultramarin.

Salon du Livre 2019 : Vincent Placoly, un écrivain combattant

A l’approche du Salon du Livre qui se tiendra du 15 au 18 mars 2019 à Paris, Chiconi FM, en partenariat avec le Ministère des Outre-mer, vous propose de découvrir chaque week-end un auteur et un éditeur ultramarin. Aujourd’hui, partez à la rencontre de l’auteur martiniquais Vincent Placoly.

Vincent Placoly né le 21 janvier 1946 au Marin, en Martinique, au sein d’une famille de parents d’instituteurs. Après le lycée, il poursuit ses études à Paris, d’abord en khâgne au Lycée Louis le Grand puis il intègre l’université de la Sorbonne. Il revient alors en Martinique où il enseigne la littérature.

Le début des années 1970 est marquée par le mouvement littéraire et politique de la négritude qui rassemble des écrivains francophones noirs, comme Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Jacques Rabemananjara , Léon-Gontran Damas, Guy Tirolien, Birago Diop et René Depestre. Ce courant littéraire lié à l’anticolonialisme, a beaucoup influencé Vincent Placoly alors très proche du mouvement Black nationalism qui affirme l’unité fondamentale des populations africaines ou d’origine africaine dans les territoires colonisés par les européens. Vincent Placoly est un fervent défenseur de la notion « d’américanité » qui est selon lui à l’origine du processus de création de la terre américaine par comparaison avec la naissance des Etats-Unis.

Capture d’écran 2019-03-09 à 18.10.23

Dès 1972, Placoly fonde avec d’autres le Groupe révolution socialiste qui se bat pour l’émancipation sociale et économique des Antilles. Son œuvre littéraire est empreinte de son combat politique : « l’écriture doit apporter une esthétique du refus qui sait dire non à la banalité du sentiment et du langage pour bien asseoir la liberté et l’indépendance de la création littéraire ». Dans ses romans, Vincent Placoly retrace la misère matérielle et psychologique d’un peuple, en évitant habilement les écueils des discours populistes.
Ses premiers romans La vie et la mort de Marcel Gonstran paru en 1971, L’eau de mort guildive, en 1973, abordent par le prisme de la lutte politique, l’émigration forcée des jeunes antillais vers la métropole pour fuir la misère matérielle et l’aliénation de l’homme noir confronté au monde des blancs. La réédition chez Passage(s) de son premier roman est préfacée par Max Rustal, compagnon politique de Vincent Placoly, qui partagea avec lui la passion pour les belles lettres.

Dans Frères volcans, chronique de l’abolition de l’esclavage, publié en 1983, l’auteur nous livre le journal intime d’un « béké » pur produit du colonialisme, écrit à l’ombre du volcan. Le narrateur observe un monde en pleine mutation, celle de 1848, année de l’abolition de l’esclavage. Placoly y dépeint non seulement la Martinique et toutes ses ambiguïtés mais surtout tous les lieux qui portent encore l’esclavage comme une plaie vive au cœur de leurs mémoires. L’ouvrage a été unanimement salué à sa sortie. Sa réédition chez Passage(s) est préfacée par Maryse Condé, écrivaine guadeloupéenne, prix Nobel alternatif de littérature 2018.

Capture d’écran 2019-03-09 à 18.10.34

Vincent Placoly a su imposer une écriture universelle et inédite aux Antilles. Il est décédé en 1992 à Fort-de-France. Un collège porte son nom à Schœlcher. Homme de théâtre, il a écrit plusieurs pièces originales : La fin douloureuse et tragique d’André Aliker (1969), Dessalines ou la passion de l’indépendance (1983).
Nicolas Pien, docteur en littérature française de l’Université de Caen Normandie, qui a rédigé les avant-propos et les lectures des rééditions chez Passage(s) des ouvrages de Vincent Placoly et Jean-Georges Chali, maître de conférences en Littérature Comparée à l’Université Antilles-Guyane, qui a notamment publié « Vincent Placoly, un créole américain » en 2008 aux éditions Desnel et « Vincent Placoly : un écrivain de la décolonisation », publié en 2014 chez Ibis Rouge, seront tous deux présents sur le stand F19 « Pavillon des outre-mer » le dimanche 17 mars au salon du livre Paris, Porte de Versailles.


E-mail
| PLUS DE SPORTS
Pour le quatrième tournoi de suite, l’Antillais Gaël Monfils s’est hissé en quarts de finale, après avoir écoeuré en 57 minutes de jeu Philipp Kohlschreiber, tombeur la veille du N.1 mondial Novak ...
| LE LIVE > LES UNES
| EDUCATION

PLUS DE RADIOS

              

55 Rue Bentséhou 97670 CHICONI

Tel: +(262) 269 61 25 86

Tel: +(262) 639 65 43 04

Email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.